Le pouvoir de l’empathie pour transformer vos relations [CNV 2/2]

Vous en avez marre des critiques et des reproches ? Vous sentez que vous voulez passer à un autre niveau pour communiquer et apaiser vos relations ? Nous allons voir comment la communication non violente et l’écoute empathique peuvent changer votre vie.
Marshall Rosenberg est à l’origine du concept de « communication non violente ». Cet article est un résumé de son livre « Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs, une introduction à la communication non violente. »

Je suis très heureux de vous retrouver pour ce nouvel article ! Il s’agit de la deuxième partie du résumé du livre de Marshall Rosenberg. Dans la première partie, nous avons vu les objectifs de la CNV et les clés indispensables pour exprimer les 4 étapes : observation, ressentis, besoin, demande.

Plusieurs autres articles viendront compléter ces deux premiers articles :
-Les 5 phrases à éviter pour communiquer de façon bienveillante.
-Les 3 étapes de transformation dans votre rapport à vos émotions et celles des autres.
-Comment exprimer sainement la colère ?
L’art d’écouter avec empathie : erreurs à éviter et bonnes pratiques.
-Comment faire un compliment et encourager sans manipuler ?

Dans cet article, nous allons répondre aux questions suivantes :
-Comment l’empathie peut vous sortir des pires situations ?
-Quand et comment utiliser la force en CNV ?
-Comment utiliser la CNV pour s’apaiser, se libérer de vos croyances limitantes et réduire votre stress…?

Comment utiliser la CNV pour se transformer soi même ? [Marshall Rosenberg : résumé du livre] Réduire le stress, sortir des croyances limitantes... Résoudre les conflits intérieurs et extérieurs. Article résumé du livre de Marshall Rosenberg : Les murs sont des fenêtres ou bien ce sont des murs, introduction à la communication non violente.

Article à venir : comment écouter avec empathie ?

Le pouvoir de l’empathie

L’empathie qui guérit

« A partir du moment où j’ai été écouté et entendu, je parviens à percevoir mon univers sous un nouveau jour et à aller de l’avant. Il est étonnant de voir à quel point tout ce qui semblait insoluble trouve une issue. Ce qui semblait irrémédiablement confus se dénoue. »
– Carl Rogers

L’empathie peut apporter une solution à de nombreuses situations. Il est souvent plus facile d’apporter de l’empathie à une personne qui à moins de « pouvoir » que nous : enfant, personne d’un rang hiérarchique plus bas. Mais l’empathie est tout aussi efficace avec une personne hiérarchiquement supérieure ou avec la famille.

L’empathie et la capacité d’être vulnérable.

Dans une situation menaçante, faire preuve d’empathie peut vous apporter de la sécurité. En vous rapprochant par empathie de la personne qui vous fait face, une sensation de sécurité se faire ressentir.

Si une expression de vos ressentis par la CNV conduit à une réaction moqueuse, il est important de ne pas réagir, mais de fournir directement une écoute empathique. Voici un exemple d’échange :

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Marshall Rosenberg : «  Je me sens blessé, car j’ai besoin d’être traité avec plus de respect. »

Un des jeunes : « Pauvre chéri, il se sent blessé. »

Après un court silence pour comprendre le besoin de son interlocuteur : « Vous êtes contrarié, car vous ne voulez pas vous sentir manipulé ? »

Continuez avec une écoute empathique en reformulant le ressenti et le besoin de vos interlocuteurs.

L’empathie pour désamorcer un danger

Lorsque vous êtes face à une personne en colère ou qui vous menace, la façon dont vous réagissez est d’une grande importance. Si vous commencez par « Mais… », votre interlocuteur se sentira certainement incompris. Et ainsi, vous risquez de l’encourager à être plus violent encore.

Une réaction empathique peut permettre d’apaiser la personne. Nous avons tous besoin d’être compris et entendu.

« Lorsque nous écoutons leurs sentiments et leurs besoins, nous ne voyons plus les individus comme des monstres. »
-Marshall Rosenberg

L’empathie pour redonner vie à une conversation

Pour interrompre un monologue sans fin et ennuyeux, la CNV peut aussi être d’un grand secours. Les personnes qui vous entourent et même la personne qui anime cette conversation vous seront reconnaissantes de votre intervention.

Souvenez-vous d’un échange, où une personne monopolisait la parole et où personne ne semblait intéressé par la discussion.

Par exemple, imaginez un de vos grands-parents qui vous raconte une histoire de son passé pour la énième fois. Une histoire de ses difficultés passées.

Vous pourriez l’interrompre ainsi : « Tu sembles encore souffrir, car tu aurais aimé être traité avec plus de considération. »

Ou pour une discussion de groupe, Marshall Rosenberg interrompt : « Excusez-moi, je perds patience car j’aimerais me sentir plus proche de vous, mais notre discussion ne me permet pas d’y arriver. Je voudrais savoir si notre conversation satisfait vos besoins et lesquels ? »

Son intervention laisse place au silence, il reprend : « Êtes-vous contrarié parce que vous auriez aimé poursuivre cette conversation ? »

C’est la personne qui animait la conversation qui va finalement répondre que cette discussion ne lui apportait rien et l’ennuyait.

De façon générale, nous préférons être interrompus plutôt que nous adresser à un auditoire qui n’écoute pas.

L’empathie pour le silence

Il n’est pas évident de comprendre les ressentis et besoins des autres derrière leur parole. Mais il est encore plus difficile de les deviner derrière leur silence.

Pourtant lorsque votre interlocuteur n’est pas prêt à s’exprimer ouvertement, la formulation de ses ressentis et besoins peut être particulièrement aidant et curatif. Exprimez les besoins et ressentis qui semblent se cacher derrière le silence de cette personne. Ainsi vous allez aider votre interlocuteur à se sentir en confiance et à libérer sa parole.

A la suite de cette partie du livre, deux thématiques sont abordées. Nous les aborderons dans des articles à venir :
-Utiliser la CNV et l’écoute empathique avec soi-même
-Comment exprimer pleinement la colère avec la CNV ?

L’usage de la force dans un but de protection

Recours à la force inévitable

L’échange par la CNV permet le plus souvent d’arriver à un accord. Ou alors, les 2 parties conviendront qu’elles ne sont pas d’accord de manière paisible.

Lors d’une situation de danger qui ne laisse pas le temps au dialogue, il peut être inévitable de recourir à la force.

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La CNV distingue :
-l’usage de la force pour protéger,
-l’usage répressif de la violence.

Dans quel esprit recourir à la force ?

Lorsqu’on recourt à la force pour protéger, notre intention est :
-d’éviter l’injustice,
-de protéger la vie,
-sans jugement,
-la pensée : « c’est l’inconscience qui amène a des comportements dangereux ». Et non la volonté consciente.
-’individu:
1.Est inconscient des conséquences de ses actes.
2.Ne voit pas comment répondre à son besoin sans porter préjudice.
3.Se considère en droit de punir quand c’est mérité.
4.Se croit prisonnier de ses fantasmes.

La violence répressive est liée à une intention de :
-punir, accuser, condamner,
-la pensée : « Les individus agissent ainsi car ils sont mauvais ou méchants. Il faut les contraindre ou les punir. »
-la violence sert à :
1.Faire prendre conscience de son erreur.
2.Faire reconnaître son erreur et ses torts.
3.Changer l’autre.

Le résultat de la violence répressive est l’inverse de celui souhaité. La personne devient hostile. Elle se renforce dans son comportement.

Exemple de force répressive

Un exemple d’usage répressif de la violence physique : la fessée. Il ne s’agit pas ici de culpabiliser les parents, mais de se demander : est ce que ce geste permet d’obtenir le résultat souhaité sur le comportement de l’enfant ?

Il est difficile pour un parent de remplir son rôle à la fois éducatif et de sécurité.

L’usage de la violence amène à un résultat passager. Et cela conduit à perpétuer l’usage de la violence comme norme sociale. Au final, cela conduit à la rébellion de l’enfant. Et pourtant, il existe d’autres outils plus efficaces pour maintenir un enfant en sécurité.

La violence peut aussi être psychologique et verbale. Par exemple, qualifier un enfant de « mauvais », « égoïste » ou « immature » lorsqu’il n’agit pas conformément à nos attentes.

Une forme d’usage répressif de la violence psychologique est de priver de sources de bonheur :
-priver de sortie,
-d’argent de poche,
-d’affection,
-de respect…

Le prix de la punition

Agir par crainte d’une punition conduit à :
-la déconnexion à nos valeurs et sources de motivation intérieure,
-la diminution de l’estime de soi,
-la difficulté de répondre avec bienveillance aux besoins des autres.

Qu’apprend-on à un enfant en utilisant la violence ?

« Le meilleur moyen d’obtenir ce que tu veux est la violence. »

Les limites de la punition

Voici deux questions pour prendre conscience que la punition n’est pas la solution à votre situation :

« Que voudrais-je que cette personne fasse ? »

« Quelle motivation voudrais-je que cette personne ait pour le faire ? »

Voulez-vous que cette personne soit motivée par une punition ou une récompense ? ou plutôt par son propre bien-être et la conscience de son propre intérêt ?

Se libérer et accompagner les autres

S’affranchir des anciens conditionnements

Nos comportements et nos réactions sont le fruit de notre conditionnement : parents, école, télévision…

Nous apprenons à juger et critiquer soi-même et les autres. Nous apprenons à obéir et à se soumettre aux autres.

La CNV permet de se libérer de ces conditionnements en se reconnectant à soi-même.

Résoudre les conflits intérieurs

Nos conflits intérieurs entre différents besoins et ressentis peuvent nous amener jusqu’à la dépression. En s’écoutant avec empathie, nous trouvons nous-mêmes des actions qui répondent à nos besoins.

Inversement, nos pensées aliénantes sont pleines de jugements et de critiques. Elles nous coupent de nos besoins et des actions concrètes.

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Prendre soin de notre environnement intérieur

Ressasser des jugements et critiques conduit au mal-être intérieur. Pression, stress, angoisse, négativité, culpabilité en sont la conséquence.

En se focalisant sur ce que nous voulons réellement, la CNV nous permet de développer un état d’esprit plus serein, positif et bienveillant.

Réduire et désamorcer le stress

Se focaliser sur nos besoins et ressentis permet de réduire notre tension intérieure et le stress.

A l’inverse, accuser et juger les autres augmente la tension. Donner de l’empathie à l’autre est aussi une façon très efficace de réduire notre stress.

Remplacer le diagnostic par la CNV

Même dans l’accompagnement psychiatrique, la CNV a fait ses preuves. Au lieu d’étiqueter une maladie sur un patient, une pratique qui juge et enferme, utiliser une écoute empathique a montré de biens meilleurs résultats.

A la suite de cette partie du livre, une autre thématique est abordée. Nous la verrons dans un article à venir : Comment exprimer sa reconnaissance en CNV sans manipuler ?

Comment l’empathie peut transformer notre vie ?[CNV et Marshall Rosenberg :résumé du livre] Comment utiliser la CNV pour se transformer soi même ? Réduire le stress, sortir des croyances limitantes... Résoudre les conflits intérieurs et extérieurs. Article résumé du livre de Marshall Rosenberg : Les murs sont des fenêtres ou bien ce sont des murs, introduction à la communication non violente.

Conclusion : Changer votre monde avec la CNV

Changer le monde, c’est ambitieux…mais surtout très vague et ambigüe. Avec la CNV, vous aurez le pouvoir de changer Votre monde. Changer vos relations, vos perceptions des autres et de leurs comportements…

Les principes que nous avons vus dans cet article pourront vraiment vous accompagner dans cette voie.

Voici ce que nous avons vu dans cet article :

-L’écoute empathique peut guérir et vous libérer de situation conflictuelle ou désagréable. Même le silence d’une personne s’écoute avec empathie.

-La force peut être utilisée avec une bonne ou mauvaise intention. Punir ou manipuler d’un côté, protéger la vie et partager la joie de l’autre.

-La CNV est bon outil pour interagir avec les autres mais aussi avec vous-même : réduire le stress, vous libérer de vos conditionnements. Vous ne pouvez avoir de l’empathie pour les autres si vous n’en avez pas pour vous-même. Cessez de vous mettre des étiquettes qui enferment, bloquent ou limitent.

– Un état intérieur et une intention : l’objectif de la CNV est avant tout de créer des relations honnêtes et sincères. Si vous êtes dans cet état intérieur d’empathie, vos paroles et vos actions en seront le reflet. Vous vous sentirez plus apaisés et détendus, car vous verrez les ressentis et besoins de l’autre à travers ses paroles de reproche ou sa colère.

Si nous voulons plus de paix dans le monde, nous pouvons commencer par changer l’énergie qui dirige nos relations aux autres. Vous ne pouvez pas arrêter les guerres. Mais vous pouvez faire la paix avec vous-mêmes pour débuter.

Le monde extérieur est le reflet de notre monde intérieur. Agissons chacun à notre niveau 😉

🔥Avez-vous déjà résolu des relations tendues avec la CNV ? Comment vous sentez-vous après avoir exprimé vos besoins avec la CNV ? Partagez vos expériences 🙏

Pour aller plus loin :
-le livre de Marshall Rosenberg et un superbe outil, plein d’exemples, avec un résumé en fin de chapitre, des exercices pratiques : c’est un cadeau parfait pour diffuser la CNV autour de vous !
-consultez l’article qui résume la première partie du livre : comment s’exprimer en CNV ?

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